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«L’air, les raisins et le vin des bords de Garonne sont d’excellents antidotes contre la mélancolie.» Montesquieu |
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Sérieux, appliqué même, la tâche de l’architecte n'a pas toujours été facile. En 1864, à l’issue d’une restauration de dix années, il entreprend enfin la construction du clocher. Poussé par l'archevêque Donnet à monter les clochers et les flèches le plus haut possible, Alaux a mis au point un système de retraites savamment ordonnancées, permettant de créer le plus d'élancement possible. Ses clochers sont fins, les flèches commencent dès la base. Passionné d'arts plastiques, il fait appel à des sculpteurs. Son travail se reconnaît aux nombreuses sculptures figuratives et à la mise en place du tétramorphe.
Au premier regard, nous repérons à la base les quatre évangélistes chéris par Gustave Alaux. Ici, ce sont des sculptures en vraie grandeur qui viennent amortir la première retraite. De toutes les représentations du tétramorphe déjà relevées sur les autres clochers de l’architecte, ce sont les plus imposantes et les plus basses, à 13 m de hauteur. L'ordre indiqué par Saint-Jean dans l'Apocalypse est respecté, les phylactères tenus par les évangélistes sont encore visibles. La facture est vigoureuse, expressive : l'homme pose un regard de paix sur la cité, le jeune taureau fringant attend le sacrifice, le lion hiératique annonce le lever du soleil, seul l'aigle de Saint-Jean a perdu sa tête et ne peut plus prendre son envol.
Le patrimoine campanaire de La Brède est composé de trois cloches. Deux cloches de volée, et une d'horloge, qui sont toutes trois l'uvre de fondeurs distincts et ont été réalisées à des époques différentes. Il existait trois cloches en 1854, quand le vieux clocher s'écroula. La première cloche, remise dans le clocher provisoire, est la plus petite. Elle pèse 70 kg et ne fait pas partie de la sonnerie en volée. Datée de 1855, elle est l'uvre du fondeur bordelais Deyres et comporte l'inscription "Ad Major Dei Gloriam, dédiée à St-Jean de La Brède, bénite par M. Coussineau, curé ; faite à Bordeaux. C Deyres. JHS." La plus ancienne
cloche, que nous possédons toujours à l'heure actuelle,
est datée de 1777. Elle pèse 520 kg pour un diamètre
de 965 mm. Elle est l'uvre du fondeur bordelais Turmeau (père
ou fils), également auteur de la Grosse Cloche de Bordeaux, fondue
deux ans auparavant. Cette cloche comporte deux éléments
de décor intéressants et peu courants dans la production
de l'artiste: le décor des anses en forme de tête humaine,
et la croix sur la faussure décorée des instruments de la
passion. Un troisième élément de décor est
plus étonnant en la présence de deux "rapières"
ou "lézards" sur le cerveau, et qui sont plus généralement
présentes sur les cloches civiles. Sur l'autre côté,
une représentation de la Vierge portant l'enfant Jésus.
On peut y lire cette inscription: "L'an
1777, j'étai faite pour St-Jean de La Brède. M. Lynch, curé.
Le parrain: M. Jean-Baptiste de Secondat, fils du grand Montesquieu. La
marraine: Mle Catherine Desmons. Martial Giraudeau, fabriqueur. Turmeau
m'a faite à Bordeaux." Quant à
la cloche la plus récente, et la plus impressionnante par
sa taille (elle pèse 1300 à 1500 kg pour un diamètre
de 1 300 mm), c'est le bourdon "Gaston-Mathilde". Il fut fondu
le 15 février 1903 par le fondeur girondin Emile Vauthier, de Saint-Emilion.
La caractéristique de cette cloche réside dans le fait que
son joug métallique est contemporain de la cloche et forme un ensemble
technique homogène. D'après "La Brède, patrie de Montesquieu", de M. Claverie, et les observations sur le terrain de M. J.-B. Faivre, architecte des Bâtiments de France. |
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